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Le risque de burnout : “Battery is empty”

1. Le risque de burnout

LES DEFINITIONS

Notre propre définition du burnout s’est posée après l’étude approfondie de deux définitions du burnout.

En 2012, chercher une définition du burnout pour la restituer en conférence n’a pas été évident. Parmi une  multitudes de lectures descriptives du concept, nous avons finalement choisi deux définitions : celle d’Herbert Freudenberger et celle de Christina Maslash.

La première définition a été presque impossible à trouver, en effet le livre du docteur en psychologie Herbert Freudenberger[1] (1927-1999) n’existe plus et c’est finalement un petit livre vieilli par le temps, soigneusement annoté au crayon par un inconnu en provenance d’une université néerlandophone belge (KUL) prêté à l’UCL qui a livré ses secrets :

Le burnout c’est « un état de fatigue chronique, (de dépression) et de frustration apporté par la dévotion à une cause, un mode de vie, ou une relation, qui échoue à produire les récompenses attendues et qui finalement diminue l’implication et l’accomplissement du travail ».

Ce livre précurseur est passionnant à lire, Freudenberger avait bien compris que la notion de burnout ne se situait pas seulement dans la vie professionnelle mais que l’on pouvait tout autant s’épuiser dans une relation non professionnelle. Et le mot « fatigue chronique » était déjà mis en avant. Mais en associant l’épuisement professionnel à la dépression, sa théorie prometteuse continue aujourd’hui d’envoyer en congé de « maladie » avec antidépresseurs des milliers de travailleurs. Nous espérons que nos diverses conférences permettent de bien dissocier ces deux syndromes.

La seconde définition que nous avons retenue est celle de C. Maslash, et M. Leiter. Christina Maslash est aussi une  docteur en psychologie et elle en fait un syndrome psychologique. En étant associée au milieu professionnel médical et avec Michael Leiter, elle a permis le développement de nombreuses études scientifiques quantitatives et qualitatives.

Le Burnout au travail[2] est une réponse prolongée à des stresseurs chroniques, émotionnel et interpersonnels,

Les 3 dimensions clefs de cette réponse sont:

    1. L’épuisement
    2. Le sentiment de dépersonnalisation
    3. L’impression d’un manque d’accomplissement

Les sigles scientifiques pour les études sont = EXH, CYN & (IN)EFF, et y sont associées un ensemble de variables telles que le pouvoir décisionnel, le technostress, etc.

Burnout définitions, origines et contextes

Burnout : définitions, origines et contextes. Note Graham Greene, un auteur anglais a écrit “a burnt Out Case” (1960) . C’est l’histoire d’une architecte connu, épuisé qui s’échappe en RDC sur le fleuve Congo pour échapper à sa vie antérieure à Londres.  Ce qui n’est pas toujours la solution.


NOTRE DEFINITION DU RISQUE DE BURNOUT

Notre définition d’un employé/indépendant en risque de burnout s’est alors structurée sur la base des deux précédentes tout en y ajoutant nos constations empiriques:

C’est un(e) employé(e)/indépendant(e) avec une forte énergie assumant nombre de tâches à responsabilités tant dans la sphère professionnelle que dans la sphère privée, présentant les  traits suivants :

– Dispersion dans du multitâche professionnel et privé (EXH COG et EXH COG ICT)

– Épuisement chronique  (EXH EMO – EXH PHYS (Maslash)) dans des actions sur lesquelles il/elle n’a pas ou peu d’impact par :

– Manque de pouvoir décisionnel (latitude décisionnelle de Karasek) -> cela se négocie -> micro négociation

– (Et/ou) Manque de liens équitables dans le relationnel ( Professionnel et/ou Privé)  -> cela se travaille en entretiens de courte durée

R. SPONAR 2012

Ensuite nous avons décrit en 2012 ce que nous observions en consultation pour définir la prise en charge d’une prévention :

La prévention du burnout, c’est prendre à temps en charge un employé ou un indépendant/profession libérale qui vise la perfection, qui est toujours présent, qui est certain d’être indispensable. Une personne qui veut encore plus de responsabilités, qui travaille dans l’urgence en mode multi-tâches tout en anticipant ses rapports. Le sens donné à ses actes n’est plus une priorité.

La prévention du burnout, c’est l’aider, parce qu’il/elle commence à s’isoler, parce qu’il/elle sent qu’il/elle se « fracture » avec un mal de dos ou de nuque, ou encore une alimentation qui n’est plus saine, qu’une insomnie ou une anxiété devient chronique, ou par ce qu’il/elle dit une parole agressive qui dérange.

La prévention du burnout, c’est une analyse transversale complète de ses indicateurs de stress chroniques et de ses indicateurs de bien-être. C’est désamorcer le stress de longue durée, produit d une multitude de petits soucis et contraintes parfois majeures dans la vie professionnelle et familiale que l’on n’ a pas pris le temps de régler par ce que l’on s’est mis entre-parenthèse.


POUR CONCLURE

La prévention du burnout, lorsqu’elle est effectuée, garde opérationnel l’employé ou l’indépendant qui est compétent dans son travail et qui est effectivement une perle pour l’entreprise.


[1] H. J. FREUDENBERGER, G. RICHELSON (1980). Burnout: The High Cost of High Achievement 2 Idem page 67

[2] Maslash, Schauffeli, & Leiter, 2001

Illustration : Nicolas Vadot ©